Parce que l'expérience parle plus qu'un long discours.
Je me demandais comment aborder le sujet de l'hypnose spirituelle, et j'ai trouvé que de vous partager mon
expérience serait la meilleure des présentations possibles. Ces expériences ont été vécues pendant ma formation
car c'est en pratiquant que nous nous formons le mieux. Donc le voyage n'a pas duré autant qu'une séance normale,
pour autant il a été surprenant et porteur de sens.
Si vous voulez la découvrir, je vous laisse le choix de l'ouvrir.
Mon expérience de voyage dans une vie antèrieure
Récit de ma séance :
Avant de commencer le voyage nous décidons avec l'opératrice de l'objet de celui-ci :
qu’est-ce que j’ai envie d’aller explorer ?
L’objet de mon voyage sera de comprendre pourquoi j'ai cette peur d’être seul et de finir ma vie seul, abandonné.
Ce besoin que j’ai d’être toujours aimé, apprécié, de me sentir utile pour les autres.
La séance commence, je suis bien installé sur mon fauteuil, l’opératrice à mes côtés.
Après une phase d'induction très douce, le voyage débute, progressivement des visions arrivent,
guidé par l’opératrice, je décris ce que je vois, et bientôt ce que je ressens : (je vais parler en « je » car
j’avais vraiment l’impression de vivre ce que je visualisais).
Je me retrouve face à une sorte d’immense trou sombre, je regarde mes pieds, ils sont nus et sales en équilibre sur une
corniche très étroite, je suis un homme blanc, mais avec des pieds vraiment sales et noirs, je regarde
comment je suis habillé, des guenilles, une sorte de reste de pantalon, un haut indescriptible, des lambeaux quoi.
Je ressens une douleur vive dans le dos, c’est une douleur que j’ai depuis des années, je n’y prête pas attention
sur le moment pensant que c’est dans cette vie d’aujourd’hui.
Je me dirige comme je peux vers une ouverture dans le mur que je longe, ouverture dans laquelle je rentre, elle débouche
sur un long couloir sombre, les murs sont en pierre, tout au fond je perçois une lueur vers laquelle je me dirige avec hâte,
la peur au ventre. Ce sentiment de peur je le sens même dans mon fauteuil, je suis presque essoufflé en miroir de la scène
que je visualise sous hypnose.
La lumière se rapproche, elle devient de plus en plus aveuglante, et enfin la sortie, impossible de distinguer quoi que ce soit,
peu à peu la vue revient, je suis dans une forêt, des arbres à perte de vue, un sentier sur lequel je commence à courir,
me sentant pourchassé.
L’opératrice me propose de revenir un peu en arrière pour savoir pourquoi j’en suis arrivé là.
Comme dans un film je me sens aspiré et projeté dans une nouvelle scène, plusieurs gars autour de moi, vêtus de pantalons
courts, crasseux mais en bon état, des chemises rayées, nous sommes dans une sorte de cave, grotte, sous-sol, la lumière
provenant de lampe à huile, je distingue mal les couleurs, en revanche, je vois bien leurs têtes patibulaires. Je suis maintenu
par deux autres types pas plus conciliants, ils me projettent au sol et les coups commencent à pleuvoir, de partout, un acharnement.
L’opératrice décide de me dissocier de la scène, je ne suis plus la personne rouée de coup, je deviens un observateur,
une caméra, une petite souris qui regarde.
Je me regarde ainsi en train de me faire tabasser, quand un homme commence à enfoncer une lame dans mon dos doucement,
sadiquement, à l’endroit même où je sentais la douleur plus haut dans le récit. Et c’est là que surgit un autre homme
qui l’arrête ; on sent que c’est lui le chef ; il me relève et me jette au fond de la pièce, et c’est là que
je vois une échappatoire.
L’opératrice me propose alors d’aller plus loin dans cette histoire.
De la même manière je me retrouve aspiré et projeté dans une nouvelle scène : je rentre dans un village, à bout de force,
je déambule dans une rue en titubant et quémandant de l’aide, tout le monde me regarde et me toise, et personne ne m'aide,
l’opératrice me demande si je peux connaitre la date et le lieu dans lequel je suis, la date de 1871 me vient et
je suis dans le nord-est de la France, qui n’est semble-t-il plus tout à fait français. Les effluves de la guerre
semblent encore présents.
Revenant sur ce que je vis, une personne vient vers moi, et je m’effondre au sol inanimé. Plus tard je me réveille,
dans un coin de rue, au sol, une couverture sur moi, transi de froid, seul, une main tendue espérant quelque chose à manger
ou à boire, les passants m’ignorent toujours tout autant.
L’opératrice me propose alors d’aller plus loin dans cette vie, à la fin pour être précis.
Je vois alors des maisons plus propres, plus hautes, des rues pavées, devant moi une sorte de rempart par-dessus lequel
je ne vois que le ciel, la rue est en pente, je suis au sol, mendiant, les cheveux aussi longs que la barbe, tous deux grisonnant,
emmitouflé dans une couverture, le regard perdu, mes forces me quittent, seul je m’éteints dans cette rue.
C’est ainsi que se termine le voyage, le débriefing est facile, mon âme a déjà vécu l’expérience du rejet, de l’abandon,
de la solitude, je comprends d'où vient ma peur irraisonnée de solitude et d'abandon dans ma vie actuelle, plus encore cette douleur
inexplicable que je traine dans le dos depuis des années semble avoir une résonnance.
La rencontre avec mon guide intérieur
Récit de la rencontre :
Avant même la séance, j’ai préparé une dizaine de questions, sur lesquelles j’en choisis 5 principales, ces questions
ne concernent que moi, il est interdit de poser des questions sur des personnes sans avoir eu leur autorisation.
Ça tombe bien j’ai des questions sur ma vie, le sens de ma vie, aussi appelé contrat d’âme, et sur mon guide :
« qui il est ? », « pourquoi moi et pourquoi lui ?», « comment puis-je facilement le contacter ? ».
La séance commence, je suis bien installé sur mon fauteuil, l’opératrice à mes côtés.
Après une phase d'induction, le voyage débute : je monte un escalier immense, un grand portail d’argent m’attends
tout en haut, je passe le portail et je me retrouve face à mon guide, qui n’est autre que … mon père que j’ai perdu à 19 ans.
L’émotion est à son paroxysme, je n’arrive pas à m’arrêter de pleurer, les larmes coulent, pour autant en moi se mêle peine et joie.
Qui de mieux pour me guider, j’ai perdu un père, un rôle modèle, un soutien, un guide dans la vraie vie et en fait il était là,
d’une manière différente. Certes la communication était, et est encore, moins fluide.
Je reviens enfin au voyage, mes pleurs n’ont pas gâché cette rencontre, même dans cet état, je pose mes questions, certaines
trouvent réponses, comme s’il me répondait, j’entends sa voix, pour autant je ne vois pas sa bouche s’ouvrir, nous sommes
connectés d’une autre manière.
Alors que l’opératrice continue de me rappeler mes questions, j’en ai déjà fini, j’en profite alors pour demander pourquoi
je n’ai pas toutes mes réponses, et j’entends : « parce que les réponses tu les auras en vivant l’expérience, l’échec
n’existe pas, soit tu réussis, soit tu apprends. La réponse fait partie de l’expérience, c’est là l’apprentissage. ».
Je comprends alors que sa mort faisait partie de l’expérience, de mon contrat d’âme, c’était ainsi que mon âme devait apprendre
tout ce que j’ai pu apprendre, vivre tout ce que je devais vivre. Pour être honnête, je ne suis pas plus soulagé, la peine reste
présente, l’émotion toujours intacte, même en écrivant ces quelques mots, pour autant comprendre et trouver un sens m’aide,
encore aujourd’hui.